Règle grammaticale de la semaine : leur >< leurs (pronom)

Une erreur récurrente chez mes élèves est la différente utilisation de leur sans « s » et leurs avec un « s ». Pour commencer, il est important de noter que la prononciation est la même. On ne prononce jamais le « s » final sauf comme liaison phonétique si le prochain mot commence par une voyelle (ex. leurZ enfants).

Mais quelle est la différence entre leur et leurs? Les deux mots sont des pronoms et en règle générale, les pronoms sont des mots qui sont utilisés pour remplacer d’autres mots afin de simplifier et raccourcir nos phrases. Quel genre de pronom sont-ils ? C’est là où se trouve l’origine de la confusion. Leur sans « s » peut être utilisé comme deux pronoms différents : le pronom complément indirect et le pronom possessif.Capture d_écran 2018-03-05 à 17.23.44

Le pronom complément indirect sert à remplacer un complément d’objet indirect (COI). Prenons un exemple : je donne un cadeau à mon père. « À mon père » est un COI et peut être remplacé par « lui » (Je lui donne un cadeau). Au pluriel (Je donne un cadeau à mes parents), on utilise « leur » (Je leur donne un cadeau). Lui et leur sont invariables. « Lui » pour le masculin et le féminin au singulier et « leur » pour le masculin et le féminin au pluriel.

Le pronom possessif est utilisé pour indiquer une possession. Exemple : C’est le cadeau de mon père => c’est son cadeau. À la troisième personne du pluriel, ce pronom devient « leur » (C’est le cadeau de mes parents => C’est leur cadeau). Alors à quel moment utilise-t-on « leurs » ? Un pronom possessif n’est pas invariable puisqu’il s’accorde au substantif. Lorsqu’au moins deux personnes possèdent plus d’une chose, on utilise le pronom « leurs » (Ce sont les enfants des voisins => Ce sont leurs enfants).

Est-ce clair pour tout le monde ?

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Mot de la semaine : une girafe (subst.)

Ceux d’entre vous qui suivent mon blogue chaque semaine avec impatience ont sans doute remarqué que la semaine dernière, je n’ai pas écrit d’article. J’étais en vacances. Et c’est justement durant ces vacances bien méritées que j’ai rencontré le mot de cette semaine : la girafe!IMG_0462

Les différents langages que l’on retrouve dans le monde entier appartiennent à des familles de langages. Les langages d’une même famille se ressemblent et utilisent souvent des mots similaires pour indiquer le même objet ou la même action. En Europe par exemple, il existe entre autres des langues latines (le français, l’espagnol, le portugais…) et des langues germaniques (l’anglais, l’allemand, le néerlandais…). Si vous parlez deux langages d’une même famille, je suis certain que vous pouvez me donner plusieurs exemples de ces mots similaires.

Mais il y a des mots similaires que l’on retrouve dans des langages de familles différentes qui désignent un même objet. La girafe est un bon exemple de ce phénomène. Ainsi, on dit een giraf en néerlandais, una jirafa en espagnol, a giraf en anglais, uma girafa en portugais, eine Giraffe en allemand et donc une girafe en français. Les linguistes expliquent ce phénomène par le fait qu’il s’agit d’un animal exotique dont le nom provient d’une langue locale. Dans ce cas précis, le mot girafe vient de l’italien giraffa qui, à son tour, vient de l’arabe dialectal zarāfah.

Mot de la semaine : un colombophile (subst.)

Le mot de cette semaine est un substantif que j’ai vu quelque part dans une revue. Le mot en question, le colombophile, m’a immédiatement interpelé. Pour quelle raison ? Parce qu’immédiatement deux significations possibles pour ce mot que je ne connaissais pas me sont venues à l’esprit. On peut diviser ce mot en deux parties : colombo et phile. Le suffixe -phile est utilisé pour désigner une personne qui aime quelque chose. Un cinéphile par exemple est une personne qui aime le cinéma. Mais qu’est-ce qu’aime notre IMG_0027colombophile alors ?

Les amateurs d’anciennes séries télévisées connaissent sans doute l’inspecteur de police Columbo. Cette série américaine date des années 60, mais est encore toujours diffusée sur nos chaines. De nombreux lecteurs de ce blogue reconnaitront facilement ce personnage toujours vêtu du même imperméable beige. Le colombophile est-il alors un passionné de cette série télévisée ?IMG_0033

Une seconde option plaira peut-être plus aux lecteurs qui ont étudié le latin dans leur jeunesse lointaine. Ils se souviennent peut-être qu’en latin classique le mot columbus ou columba désigne le pigeon, un oiseau bien connu de nos contrées. Le colombophile pourrait alors être un amoureux des pigeons et avoir un élevage de pigeons. Que pensez-vous ? Option 1 ou option 2 ?

Mots de la semaine: la sueur et la transpiration (subst.)

Quelle est la différence entre la sueur et la transpiration? La connaissez-vous? On dit souvent qu’un individu sent la transpiration ou la sueur. Y a-t-il une différence ou s’agit-il de synonymes? IMG_2201

Il y a bel et bien une différence entre ces deux termes. La sueur est le liquide salé qui est émis par nos glandes sudoripares lorsqu’il fait chaud, lorsqu’on fait de l’effort physique ou lors d’émotions intenses. La transpiration par contre n’est pas un liquide, mais désigne l’action d’évacuer la sueur par les pores de la peau.

Par conséquent, on peut dire qu’un individu sent la sueur et que sa chemise est mouillée à cause de la transpiration. Mais j’espère surtout que le français ne vous donne pas trop de sueurs froides !

Mot de la semaine : déménager (verbe)

Je déménage. Ceci signifie que je vais vivre dans une autre maison, une autre région, une autre ville ou un autre pays. Dans mon cas, il s’agit d’un déménagement vers un autre pays.

Prendre la décision de déménager peut être causé par différents facteurs. Certains déménagent pour des raisons professionnelles, d’autres par amour ou pour fuir une situation et il y en a certains qui déménagent à la recherche de l’aventure. Quelle que soit la raison d’un déménagement, il s’agit toujours d’un moment de réflexion. On se trouve à un tournant dans sa vie. On regarde en arrière, vers les années passées à un certain endroit. Les bons et les mauvais moments. On pense à ce qui va nous manquer.déménager

Mais il s’agit aussi d’un moment durant lequel on regarde vers l’avenir, vers les nouvelles perspectives et les nouvelles opportunités. Un déménagement est un moment de cassure, mais également de renouveau. Pour ces raisons, déménager est pour certains individus palpitant, excitant, mais pour d’autres, effrayants et souvent stressants. Je me considère comme faisant partie du premier groupe en réfléchissant principalement aux choses positives qu’apporte mon déménagement. Et vous ? Que ressentez-vous lors d’un déménagement?

Le mot « déménager» est composé de « dé » et de « ménage ». Le préfixe « dé » implique un mouvement d’éloignement, de déplacement. Alors que le substantif « ménage » a plusieurs significations. L’une d’elles fait référence à un couple vivant ensemble, à une famille. Déménager est donc l’action de déplacer une famille. Mais on déménage aussi des meubles, une table, des caisses…

Mot de la semaine : la démotivation (subst.)

La démotivation est un substantif qui exprime le contraire de la motivation. D’un point de vue philosophique, la motivation est le lien entre un acte et ses raisons. D’un point de vue psychologique, la motivation est les raisons psychiques qui mènent un individu à agir.

Par déduction, la démotivation est alors les raisons qui expliquent le fait qu’on n’agit pas. photo-du-23-01-2017-a-16-10-2Pour moi, la démotivation ou être démotivé va plus loin que le simple fait de ne pas agir. Personnellement, lorsque je suis démotivé au travail par exemple, même si j’ai une panoplie de choses à faire, la démotivation me vole la force (ou la motivation) de les accomplir. C’est assez inattendu comme sentiment et ce n’est pas toujours facile de s’en débarrasser.

Le problème est de trouver à nouveau cette motivation. Que faites-vous pour vous motiver lorsque vous sentez la démotivation qui monte en vous ? Y a-t-il un moment de la journée, de la semaine ou du mois où vous êtes le plus souvent démotivé?

Mot de la semaine : un pourriel (subst..)

L’organisme qui crée de nouveaux mots pour la langue française est l’Académie française. Les Français n’aiment pas tellement reprendre des mots étrangers lorsque de nouvelles technologies ou de nouveaux concepts entrent dans la vie de tous les jours. D’autres langues n’ont pas cette même disposition et se facilitent la tâche en reprenant des mots de différentes langues comme « an e-mail » ou « un café ».pourriel

Alors qu’est-ce qu’un pourriel? Ce mot assez récent provient d’une autre création récente, « un courriel ». Au lieu de reprendre le mot anglais « e-mail » et le franciser en créant un mot comme « mail » ou « émail », l’Académie française a préféré créer le mot « un courriel ». Un courriel vient de la contraction de courrier électronique. Dans le même esprit, ces académiciens devaient trouver une nouvelle création pour empêcher l’utilisation de « spam », désignant ces courriels (ou mails ?) publicitaires qui pourrissent notre vie. C’est alors qu’ils ont décidé d’utiliser le mot « pourriel » pour un courriel pourri.

Est-ce que votre boîte de courriels de votre ordiphone est également submergée par des pourriels ou est-ce que votre inbox de votre smartphone est submergée par des spams ?

Mot de la semaine : une belle-famille


Tout le monde n’a pas de belle-famille. La chose essentielle pour avoir une belle-famille est être marié. Votre belle-famille est constituée de la famille proche (parents, sœur et frère) de votre conjoint(e). On parle donc aussi d’un beau-père et d’une belle-mère, ainsi que d’une belle-sœur et d’un beau-frère. Le mari de votre sœur est également votre beau-frère, comme la femme de votre frère est votre belle-sœur.Capture d’écran 2016-08-29 à 13.45.18

Le préfixe « beau-» ou « belle-»  ne désigne  donc pas la beauté d’une personne, mais son lien de parenté avec vous. Comment est-ce que cet adjectif qui désigne une émotion esthétique favorable a été utilisé pour désigner la famille de votre mari ou votre femme ? Son origine remonte aux Moyen-Âge. Durant cette période, on utilisait « beau » ou « belle » pour adresser une personne pour laquelle on avait une certaine amitié. Cette formule s’est alors attachée définitivement aux termes utilisés pour désigner votre famille par alliance.

Partagez-vous suffisamment d’amitié avec votre belle-famille pour continuer à justifier l’utilisation de ce préfixe affectif ?

Mot de la semaine : un chou (subst.), chou (adj.)

Beaucoup de mes étudiants me demandent pourquoi on utilise le même mot pour un légume que pour désigner un bébé par exemple : « Quel chou! » En effet, il est assez curieux de faire cette comparaison, mais, en français, une chose qui est « chou » est une chose qui est mignonne, adorable. Je dois dire que je comprends bien leur confusion.

Le mot chou est évidemment principalement utilisé pour parler du légume crucifère qui existe sous différentes formes, comme le chou-fleur, le chou de Bruxelles… Dans la cuisine, IMG_1281il y a également un dessert qui se nomme le chou à la crème. Ce dessert a plus ou moins la forme d’un petit chou.

Malgré de nombreuses recherches, je n’ai pas trouvé comment on est passé d’un légume à un terme d’affection. Certaines personnes disent également « mon bout de chou » ou « mon chouchou ». Toutes ces formules désignent donc une personne ou un animal adorable. Dans la même ligne, on parle de « chouchouter» une personne, une plante ou un animal. Il s’agit dans ce contexte de bien prendre soin, de dorloter.