Mot de la semaine : une girafe (subst.)

Ceux d’entre vous qui suivent mon blogue chaque semaine avec impatience ont sans doute remarqué que la semaine dernière, je n’ai pas écrit d’article. J’étais en vacances. Et c’est justement durant ces vacances bien méritées que j’ai rencontré le mot de cette semaine : la girafe!IMG_0462

Les différents langages que l’on retrouve dans le monde entier appartiennent à des familles de langages. Les langages d’une même famille se ressemblent et utilisent souvent des mots similaires pour indiquer le même objet ou la même action. En Europe par exemple, il existe entre autres des langues latines (le français, l’espagnol, le portugais…) et des langues germaniques (l’anglais, l’allemand, le néerlandais…). Si vous parlez deux langages d’une même famille, je suis certain que vous pouvez me donner plusieurs exemples de ces mots similaires.

Mais il y a des mots similaires que l’on retrouve dans des langages de familles différentes qui désignent un même objet. La girafe est un bon exemple de ce phénomène. Ainsi, on dit een giraf en néerlandais, una jirafa en espagnol, a giraf en anglais, uma girafa en portugais, eine Giraffe en allemand et donc une girafe en français. Les linguistes expliquent ce phénomène par le fait qu’il s’agit d’un animal exotique dont le nom provient d’une langue locale. Dans ce cas précis, le mot girafe vient de l’italien giraffa qui, à son tour, vient de l’arabe dialectal zarāfah.

Mot de la semaine : un colombophile (subst.)

Le mot de cette semaine est un substantif que j’ai vu quelque part dans une revue. Le mot en question, le colombophile, m’a immédiatement interpelé. Pour quelle raison ? Parce qu’immédiatement deux significations possibles pour ce mot que je ne connaissais pas me sont venues à l’esprit. On peut diviser ce mot en deux parties : colombo et phile. Le suffixe -phile est utilisé pour désigner une personne qui aime quelque chose. Un cinéphile par exemple est une personne qui aime le cinéma. Mais qu’est-ce qu’aime notre IMG_0027colombophile alors ?

Les amateurs d’anciennes séries télévisées connaissent sans doute l’inspecteur de police Columbo. Cette série américaine date des années 60, mais est encore toujours diffusée sur nos chaines. De nombreux lecteurs de ce blogue reconnaitront facilement ce personnage toujours vêtu du même imperméable beige. Le colombophile est-il alors un passionné de cette série télévisée ?IMG_0033

Une seconde option plaira peut-être plus aux lecteurs qui ont étudié le latin dans leur jeunesse lointaine. Ils se souviennent peut-être qu’en latin classique le mot columbus ou columba désigne le pigeon, un oiseau bien connu de nos contrées. Le colombophile pourrait alors être un amoureux des pigeons et avoir un élevage de pigeons. Que pensez-vous ? Option 1 ou option 2 ?

Mots de la semaine: la sueur et la transpiration (subst.)

Quelle est la différence entre la sueur et la transpiration? La connaissez-vous? On dit souvent qu’un individu sent la transpiration ou la sueur. Y a-t-il une différence ou s’agit-il de synonymes? IMG_2201

Il y a bel et bien une différence entre ces deux termes. La sueur est le liquide salé qui est émis par nos glandes sudoripares lorsqu’il fait chaud, lorsqu’on fait de l’effort physique ou lors d’émotions intenses. La transpiration par contre n’est pas un liquide, mais désigne l’action d’évacuer la sueur par les pores de la peau.

Par conséquent, on peut dire qu’un individu sent la sueur et que sa chemise est mouillée à cause de la transpiration. Mais j’espère surtout que le français ne vous donne pas trop de sueurs froides !

Mot de la semaine : la démotivation (subst.)

La démotivation est un substantif qui exprime le contraire de la motivation. D’un point de vue philosophique, la motivation est le lien entre un acte et ses raisons. D’un point de vue psychologique, la motivation est les raisons psychiques qui mènent un individu à agir.

Par déduction, la démotivation est alors les raisons qui expliquent le fait qu’on n’agit pas. photo-du-23-01-2017-a-16-10-2Pour moi, la démotivation ou être démotivé va plus loin que le simple fait de ne pas agir. Personnellement, lorsque je suis démotivé au travail par exemple, même si j’ai une panoplie de choses à faire, la démotivation me vole la force (ou la motivation) de les accomplir. C’est assez inattendu comme sentiment et ce n’est pas toujours facile de s’en débarrasser.

Le problème est de trouver à nouveau cette motivation. Que faites-vous pour vous motiver lorsque vous sentez la démotivation qui monte en vous ? Y a-t-il un moment de la journée, de la semaine ou du mois où vous êtes le plus souvent démotivé?

Mot de la semaine : un pourriel (subst..)

L’organisme qui crée de nouveaux mots pour la langue française est l’Académie française. Les Français n’aiment pas tellement reprendre des mots étrangers lorsque de nouvelles technologies ou de nouveaux concepts entrent dans la vie de tous les jours. D’autres langues n’ont pas cette même disposition et se facilitent la tâche en reprenant des mots de différentes langues comme « an e-mail » ou « un café ».pourriel

Alors qu’est-ce qu’un pourriel? Ce mot assez récent provient d’une autre création récente, « un courriel ». Au lieu de reprendre le mot anglais « e-mail » et le franciser en créant un mot comme « mail » ou « émail », l’Académie française a préféré créer le mot « un courriel ». Un courriel vient de la contraction de courrier électronique. Dans le même esprit, ces académiciens devaient trouver une nouvelle création pour empêcher l’utilisation de « spam », désignant ces courriels (ou mails ?) publicitaires qui pourrissent notre vie. C’est alors qu’ils ont décidé d’utiliser le mot « pourriel » pour un courriel pourri.

Est-ce que votre boîte de courriels de votre ordiphone est également submergée par des pourriels ou est-ce que votre inbox de votre smartphone est submergée par des spams ?

Mot de la semaine : une belle-famille


Tout le monde n’a pas de belle-famille. La chose essentielle pour avoir une belle-famille est être marié. Votre belle-famille est constituée de la famille proche (parents, sœur et frère) de votre conjoint(e). On parle donc aussi d’un beau-père et d’une belle-mère, ainsi que d’une belle-sœur et d’un beau-frère. Le mari de votre sœur est également votre beau-frère, comme la femme de votre frère est votre belle-sœur.Capture d’écran 2016-08-29 à 13.45.18

Le préfixe « beau-» ou « belle-»  ne désigne  donc pas la beauté d’une personne, mais son lien de parenté avec vous. Comment est-ce que cet adjectif qui désigne une émotion esthétique favorable a été utilisé pour désigner la famille de votre mari ou votre femme ? Son origine remonte aux Moyen-Âge. Durant cette période, on utilisait « beau » ou « belle » pour adresser une personne pour laquelle on avait une certaine amitié. Cette formule s’est alors attachée définitivement aux termes utilisés pour désigner votre famille par alliance.

Partagez-vous suffisamment d’amitié avec votre belle-famille pour continuer à justifier l’utilisation de ce préfixe affectif ?

Mot de la semaine : un chou (subst.), chou (adj.)

Beaucoup de mes étudiants me demandent pourquoi on utilise le même mot pour un légume que pour désigner un bébé par exemple : « Quel chou! » En effet, il est assez curieux de faire cette comparaison, mais, en français, une chose qui est « chou » est une chose qui est mignonne, adorable. Je dois dire que je comprends bien leur confusion.

Le mot chou est évidemment principalement utilisé pour parler du légume crucifère qui existe sous différentes formes, comme le chou-fleur, le chou de Bruxelles… Dans la cuisine, IMG_1281il y a également un dessert qui se nomme le chou à la crème. Ce dessert a plus ou moins la forme d’un petit chou.

Malgré de nombreuses recherches, je n’ai pas trouvé comment on est passé d’un légume à un terme d’affection. Certaines personnes disent également « mon bout de chou » ou « mon chouchou ». Toutes ces formules désignent donc une personne ou un animal adorable. Dans la même ligne, on parle de « chouchouter» une personne, une plante ou un animal. Il s’agit dans ce contexte de bien prendre soin, de dorloter.

Mot de la semaine : une tirelire (subst.)

Qui parmi vous utilise encore une tirelire? N’est-ce pas un objet que les enfants utilisent et non les adultes ? Moi, personnellement, cela m’amuse d’utiliser une tirelire. Cela fait de nombreuses années que j’en utilise une et je trouve cela pratique et amusant.

Pratique parce que j’y dépose toutes sortes de petites monnaies qui prennent de la place dans mon porte-monnaie, comme les pièces d’un centime, de deux centimes, de cinq centimes et de dix centimes. Amusant parce que lorsque votre tirelire est pleine, on ne sait jamais quel sera le montant qu’on a su ainsi accumuler. Est-ce que ce sera plus que la dernière fois ?

Comme vous l’avez sans doute compris, une tirelire est un objet avec une fente dans lequel on peut déposer des pièces de monnaie. Il existe de nombreuses tirelires différentes, mais la forme la plus répandue est probablement le petit cochon. IMG_1278Certaines personnes utilisent des bouteilles ou d’autres objets comme tirelire. Actuellement, ma tirelire est le chat porte-bonheur ou Maneki-neko. On n’est pas certain de l’origine de ce mot, mais une des hypothèses est que son origine se trouve dans deux mots italiens : tirare (jetter) et lira (l’ancienne monnaie italienne).

J’ai même une anecdote amusante concernant les tirelires. Après avoir rempli ma tirelire, j’avais mis toutes les pièces en fonction de leur valeur dans des petits tubes en plastique pour les donner à ma banque. Après les avoir données à l’employée de ma banque, celle-ci n’était pas très contente parce qu’elle devait compter tous ces tubes de monnaie et additionner les différentes valeurs. Elle m’a même demandé pourquoi je rassemblais ainsi de la petite monnaie. « Ce sont les enfants qui emploient des tirelires, non ? » m’a-t-elle dit.

Mot de la semaine : le nombrilisme

Vivons-nous actuellement dans une société nombriliste ? Le nombrilisme ou l’égocentrisme est la tendance à tout juger et tout centrer sur soi-même et ses propres intérêts.

Il n’est pas complètement clair d’où vient ce terme. On reconnaît évidemment le mot « nombril », qui est la cavité que chaque individu a au milieu du ventre et qui était l’extrémité du cordon ombilical. Peut-être que si l’on se concentre surtout sur son nombril, on se concentre par conséquent essentiellement sur soi-même. En tout cas, c’est un terme qui paraitra peut-être un peu étrange pour les étrangers qui apprennent le français, bien qu’un terme similaire existe en anglais (navel-gazing).

Pour revenir à ma question initiale sur la qualité nombriliste de notre société, je pense qu’au rang mondial, on a en effet tendance à se protéger et à penser en premier lieu à sa propre personne et puis aux autres. La crise d’immigration en Europe et les propos tenus par M. Trump témoignent clairement de cette tendance. Il y a tout de même beaucoup d’autres exemples qui prouvent également le contraire et qui démontrent que le vrai altruisme n’a pas encore disparu.nombrilisme

Les multiples selfies pris en permanence par une grande majorité de la population sont, pour vous, également une preuve de nombrilisme ?

Mot de la semaine: une famille (subst.)

Le mot « famille » en français désigne l’ensemble d’individus qui sont liées les uns aux autres par le sang ou les alliances de mariages. Comme beaucoup de mots français, ce mot vient du mot latin « familia ». La familia indiquait les personnes qui vivaient dans une même maison, donc pas nécessairement liées par le sang ou les alliances.

Ce qui est encore plus intéressant à noter est qu’à l’origine du mot latin familia se trouve un autre mot latin, « famulus ». Famulus signifie « serviteur ». Par conséquent, la familia était l’ensemble des esclaves sous l’autorité du pater familias, le père de famille. Comme les enfants, la femme… se trouvaient aussi sous l’autorité du père, ceux-ci ont été considérés comme faisant partie de la famille.

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Pourquoi le mot famille ? Je viens de passer une semaine de vacances en famille avec des parents, des oncles et tantes, des cousins et cousines, âgés de 20 mois jusqu’à près de 90 ans. Ce qui m’a frappé est que bien qu’on ait tous une autre personnalité, une autre origine, une autre éducation, un autre âge, un autre métier et une autre vie, il y a tout de même un sentiment fort de liaison familiale qui est unique au monde et spécifique à sa propre famille. Toutes ces histoires de famille, ces souvenirs familiaux, ces caractéristiques communes… font en sorte que je me sens bien en famille (pour quelques jours au moins).